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RAPPORT SUR LA MUSICIENNE DİLJÎN BEYAR

RAPPORT SUR LA MUSICIENNE DİLJÎN BEYAR

Agression, menace de mort et saisie de biens contre une artiste kurde en Suisse

23 octobre 2025European Kurdish Rights Watch (EKRW)

RÉSUMÉ DE L'INCIDENT

Le 21 octobre 2025, vers 20h02, l'artiste kurde Diljîn Beyar, résidant en Suisse, a été physiquement agressée par quatre individus à son domicile et menacée de mort.

Les agresseurs ont menacé Diljîn Beyar de cesser toute diffusion sur les réseaux sociaux et de ne faire aucun commentaire concernant l'organisation criminelle.

De plus, les agresseurs ont déclaré être affiliés à l'Association de Rapperswil, liée au réseau "Komele", qui est la structure organisationnelle du PKK en Suisse.

Lorsque Beyar a contacté l'association concernée après l'incident, les responsables de l'association ont reconnu que les agresseurs leur étaient affiliés ; cependant, ils n'ont fourni aucune explication et n'ont pris aucune mesure concernant l'incident.

DÉVELOPPEMENTS ULTÉRIEURS

Suite à l'incident, Beyar a déposé une plainte officielle auprès de la police suisse et une procédure judiciaire a été engagée. En raison de la menace persistante pesant sur sa vie, elle a été temporairement relogée dans un autre domicile par l'institution sociale dont elle dépend.

Cependant, dans les deux jours suivant le dépôt de la plainte, des individus liés au PKK ont fait irruption au domicile de Beyar. N'ayant pas trouvé Beyar chez elle, les agresseurs ont saisi trois tanburas (instruments de musique traditionnels kurdes) appartenant à l'artiste. Cet acte est considéré comme une tentative délibérée d'empêcher l'artiste de pratiquer la musique.

Suite à la divulgation publique de l'incident, une campagne de diffamation a été lancée contre la musicienne Diljîn BEYAR par des sources de l'organisation criminelle PKK, et des calomnies visant à discréditer la musicienne ont été mises en circulation.

CONTEXTE

Cet incident n'est pas un cas isolé. Beyar a précédemment signalé avoir subi des agressions verbales et physiques répétées, des menaces et des insultes de la part de la même structure organisationnelle. Selon les données documentées par l'EKRW, les structures liées au PKK opérant en Europe mettent systématiquement en œuvre une politique de pression et d'intimidation à l'encontre des intellectuels, artistes et militants kurdes qui ne se conforment pas à leur ligne politique.

ÉVALUATION DE L'EKRW

Cette agression n'est pas simplement un acte de violence contre un individu. C'est une menace directe à la liberté de pensée et d'expression, au droit à la production artistique et aux voix pluralistes au sein de la société kurde. La saisie des instruments d'un musicien est un acte délibéré et symbolique visant à réprimer l'expression culturelle.

L'EKRW condamne fermement cet incident et lance les appels suivants :

  • Aux autorités suisses : Mener l'enquête de manière efficace et impartiale ; assurer la sécurité de la victime ; assurer le suivi de la restitution des instruments saisis.
  • Aux organisations européennes des droits de l'homme : Documenter systématiquement les activités de pression et d'intimidation des structures liées au PKK contre la société civile kurde à travers l'Europe.
  • Au public kurde : Faire preuve d'une position unie contre la violence et les menaces, quelles que soient les différences politiques.